mardi 1 juillet 2014

Otages assassinés : Israël lance des représailles


Ils avaient été enlevés le 12 juin dernier, leurs corps ont été découverts lundi. Trois jeunes Israéliens ont été retrouvés morts dans le sud de la Cisjordanie, près de la route où ils ont été vus pour la dernière fois, faisant de l'auto-stop. Des "assassinats de sang-froid", selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a promis de "faire payer" le Hamas islamiste, alors que des milliers de soldats israéliens ont été déployés pour tenter de retrouver les meurtiers...



CE QUI S'EST PASSÉ

• Eyal Yifrach, 19 ans, Naftali Frankel et Gilad Shaer, 16 ans tous les deux, étudiants dans des écoles religieuses de colonies juives, ont été retrouvés morts aux environs de la localité de Halhoul, près de la route où ils ont été vus pour la dernière fois. Leurs cadavres étaient à moitié enterrés dans un champ. "L'armée israélienne a découvert les trois corps dans notre zone de recherches dans le nord-ouest du district de Hébron", a déclaré aux journalistes un porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Peter Lerner. Les cadavres ont été transférés pour autopsie afin de les identifier définitivement et de vérifier la date du décès, probablement intervenue peu après l'enlèvement, selon les médias israéliens.
• Ces trois jeunes israéliens, étudiants dans une école talmudique située dans un bloc de colonies, étaient portés disparus depuis le 12 juin, alors qu'ils faisaient de l'auto-stop pour rentrer chez eux.

LES RÉACTIONS

• "Ils ont été kidnappés et assassinés de sang-froid par des animaux à la forme humaine", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Le Hamas est responsable et le Hamas paiera", a-t-il affirmé. Selon le gouvernement israélien, les meurtriers sont deux Palestiniens membres de l'organisation islamiste habitant Hébron.
• Le Hamas, qui a nié être impliqué dans le rapt mais a salué l'opération, a menacé Israël en cas d'offensive contre lui. "Si les occupants se lancent dans une escalade ou une guerre, ils ouvriront sur eux les portes de l'enfer", a déclaré un porte-parole de l'organisation islamique, mettant en doute la "version israélienne" de l'enlèvement. 
• Le président Mahmoud Abbas a convoqué lundi soir une réunion d'urgence de la direction palestinienne, selon son porte-parole. L'accord de réconciliation conclu entre la Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, qui a conduit le 2 juin à la formation d'un gouvernement de consensus commun à la Cisjordanie et à Gaza, déjà miné par l'enlèvement, semblait de plus en plus menacé.
• Le président américain Barack Obama a condamné "dans les termes les plus forts possibles cet acte de terrorisme insensé commis contre des jeunes innocents". Le président français François Hollande a fait savoir, lundi soir, qu'il condamnait "fermement" le "lâche assassinat" des trois jeunes Israéliens. De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a exhorté "les autorités israéliennes et palestiniennes à travailler ensemble à retrouver et traduire rapidement en justice les responsables", fustigeant "cet acte haineux perpétré par des ennemis de la paix".

DES REPRÉSAILLES
• Des milliers de militaires israéliens encerclaient lundi soir Halhoul et la ville de Hébron, empêchant tout accès ou sortie de la ville. L'armée israélienne a démoli dans la soirée les maisons des deux principaux suspects de l'enlèvement ( Photo en haut de la page ), deux membres du Hamas à Hébron, toujours recherchés. Par ailleurs, l'armée de l'air a violemment bombardé la bande de Gaza dans la nuit de lundi à mardi, mais sans faire de victimes. Elle a lancé plus de 30 frappes sur tout le territoire, visant des terrains d'entraînement de groupes armés, selon le ministère de l'Intérieur du Hamas.
• Depuis l'enlèvement, selon une porte-parole militaire, l'armée israélienne a arrêté 420 Palestiniens en Cisjordanie, dont 305 membres du Hamas, et fouillé 2.200 bâtiments. Cinq Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens depuis le début de l'opération.
• En outre, un jeune Palestinien a été tué mardi matin par l'armée israélienne au cours d'un raid mené contre le camp de réfugiés du nord de la Cisjordanie, a-t-on indiqué de source palestinienne, tout en précisant que l'incident n'était apparemment pas lié aux opérations en cours dans le sud du territoire.
Source Europe 1