mardi 18 novembre 2014

Les membres de la coalition tirent dans tous les sens, des élections auront lieu prochainement, ou pas...


Benyamin Netanyahou a emmené son fils voir un match de football dimanche soir. Cela ne serait pas digne d'être mentionné si ce n'est que le Premier ministre ne se déplace pas souvent pour ce genre d’événement sportif. Son ministre des finances, Yair Lapid, était également dans les gradins, avec 30.000 autres Israéliens...


Cela non plus n'est pas particulièrement intéressant si ce n'est que le sport de prédilection de Lapid est la boxe, qu'il pratique en tant qu'amateur lui-même.
Mais la présence de ces deux personnalités politiques - dans ce stade flambant neuf au nord de la ville de Haïfa, regardant Israël battre à plate couture l'équipe de Bosnie pour les qualifications de l'Euro 2016 - laisse pressentir qu'il pourrait avoir des élections dans l'air.
Le 33e gouvernement de l'Etat d'Israël n'a pas encore deux ans mais de larges fissures apparaissent en son sein.
Composé de cinq partis idéologiquement différents, c'était peut-être inévitable même si des choses étranges se sont déjà produites dans cette arène byzantine qu'est la politique israélienne.
Néanmoins, même selon les normes israéliennes, les luttes intestines qui ont éclaté entre les différents membres de la coalition sont un peu inhabituelles.
Le premier indice de difficulté est apparu il y a quelques mois lorsque le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a annoncé qu'il mettait fin à la fusion entre son parti Israël Beitenou et le Likoud de Netanyahou avec qui il avait fait campagne aux élections de janvier 2013.
La raison officielle: Netanyahou n'a pas une position assez dure contre le Hamas et le terrorisme en provenance de Gaza.
Les rumeurs vont bon train, plus ou moins mises en sourdine, jusqu'à la semaine dernière lorsque le Ministre de la protection de l'environnement Amir Peretz a annoncé sa démission. La raison annoncée: Netanyahou est trop dur à l'égard des Palestiniens et vole aux Israéliens tout espoir de paix. La chef du parti de Peretz, la ministre de la Justice Tsipi Livni qui a fondé et préside le parti Hatnua, a décidé de rester.
Mais, elle aussi, se demande à voix haute, combien de temps elle pourra encore rester, étant donné que Netanyahou ne montre aucun signe de pourparlers de paix avec les Palestiniens, qui constituaient la raison d'être de sa participation à la coalition, en première position.
Le partenaire majeur de la coalition de Netanyahou, Lapid, qui a fondé et préside le parti centriste Yesh Atid, a déclaré dimanche dans une interview qu'il a donnée aux trois plus grandes chaines de télévision, qu'il n'y a aucune raison de briser le gouvernement et d'organiser des élections. Mais, ses associés soutiennent que si le Gouvernement ne parvient pas à faire approuvrer le budget 2015 qu'il a présenté, lui aussi, devrait avoir recours à un conseiller électoral.
Le projet sur lequel il a misé la plus grande part de sa réputation politique, en baisse de 18% pour les acheteurs de First-Time, est aussi remis en question, par la plus grande partie de la coalition et de toute l'opposition qui se dresse contre la perte attendue des revenus de l'Etat.
Celui dont la voix a à peine été entendue sur ce sujet est le Ministre de l'économie Naftali Bennett, président du parti de droite, Habait Hayehudi, qui devrait arriver en tête des élections si elles avaient lieu bientôt.
Lui, aussi, émet des menaces: si le gouvernement n'approuve pas une loi définissant Israël comme la maison du peuple juif, il partira avec les 12 députés de son parti.
Netanyahou qui n'a pas tiré toutes les conséquences de ces deux précédents termes, ne semble pas trop inquiet. Il a suffisamment de partenaires potentiels sur lesquels se reposer en cas de chute, et il sait qu'il sera le prochain Premier ministre indiscuté, même si des élections auront lieu bientôt.
Peut-être même, que le plus sera le mieux, avant qu'un autre candidat potentiel émerge et vienne concurrencer sa suprématie dans les élections qui devraient officiellement se tenir en novembre 2017.
Ces dernières semaines, il a fait des appels de pied aux partis ultra-orthodoxes, qui sont en ce moment dans l'opposition, pour lesquels il recent une certaine affinité. Mais pour que cela fonctionne, il devra ejecter Yesh Atid, le parti anti-clérical, considéré comme un drapeau rouge pour les hommes politiques craignant Dieu.
En l'état actuel, Netanyahou et la droite ont tout à gagner avec des élections anticipées. Les derniers sondages indiquent que le Likoud obtiendrait 25 sièges à la Knesset, contre 18 en ce moment, et maintiendrait sa position de parti dominant; le parti de Bennett Habait Hayehudi améliorerait sa représentation de 12 à 15 sièges, et Lieberman obtiendrait 2 sièges supplémentaires pour arriver au même nombre de sièges que Bennett.
Les grands perdants seraient le centre et le centre-gauche: Yesh Atid, qui dégringolerait de 19 sièges à la Knesset (2e parti à la Knesset) à 10 sièges, et Hatnua, qui perdrait 3 de ses 6 sièges à la Knesset.
Une autre possibilité pour Nétanyahou est d'inviter les partis ultra-orthodoxes à rejoindre son gouvernement, en leur offrant des propositions qu'ils ne pourraient refuser, et signifiant par là-même à Yesh Atid la direction de la sortie. Ceci épargnerait à Nétanyahou les tracas d'une élection et la pression au sujet des négociations de paix avec les Palestiniens.
Et comme cela arrive souvent lors de tempêtes politiques en Israël, celle-ci pourrait retomber, aussi, et les choses pourraient continuer de suivre leur cours, non naturel mais gérable.
La qualification pour la coupe d'Europe dimanche s'est terminée par la victoire 3-0 de l'équipe de Nétanyahou. Projeté dans les bras du coach de l'équipe, Netanyahou a pu annoncer avec excitation qu'il s'agissait de l'une des meilleures performances de l'équipe nationale. On pourrait en dire autant de la comédie dramatique politique qui se joue sur la scène nationale.

Source I24News