dimanche 25 janvier 2015

A 52 jours du scrutin en Israël, les partis arabes se rassemblent; Lieberman se désintègre...

 
Une nouvelle page de la chronique sans fin des relations entre Netanyahou et Obama a été écrite cette semaine, lorsque John Boehner le président de la Chambre des représentants des États-Unis a annoncé le cadeau des Républicains au Premier ministre d'Israël, à savoir une invitation à prononcer un discours devant le Congrès avant les élections. Mais, oups...ils ont oublié d'en informer la Maison Blanche...


Après 6 ans de mandats pour les deux leaders, émaillés de tant de crises entre Washington et Jérusalem, cet incident aurait pu être un non événement.
 Cependant, cette fois-ci, avec un Netanyahou complotant dans le dos d'Obama, la crise semble plus grave que d'habitude et les responsables israéliens font montre d'une réelle inquiétude quant aux dommages qui pourraient être irréversibles.

Compte tenu des méchants ragots sur Netanyahou depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche ces derniers mois, nombreux sont ceux qui prévoyaient que les élections seraient pour Obama l'occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce. D'autres prédisaient que le président en avait tellement marre de son homologue israélien qu'il allait l'ignorer dédaigneusement et lui tourner le dos. Dans tous les cas, au cas si Obama avait prévu une initiative, il aurait été battu aux points.
Deux de ses rivaux ont prévu une manœuvre conjointe: Netanyahou est l'arme ultime de Boehner dans la bataille au Capitole à Washington concernant les sanctions iraniennes. Boehner accueille chaleureusement Netanyahou et lui donne l'opportunité de parler de son sujet favori, l'Iran, deux semaines avant le scrutin.
L'intimité qui s'est installée entre le Premier ministre et son copain républicain est bien connue, mais elle ne s'est jamais manifestée de manière si évidente.
 Le scandale s'est amplifié lorsque des fonctionnaires, sous couvert d'anonymat, ont mis en garde avec colère contre les répercussions alors que les Juifs américains ont tenté d'éteindre l'incendie. Obama et Kerry ont annoncé qu'ils ne rencontreraient pas Netanyahou, mais de sa conférence à l'AIPAC jusqu'au discours devant le Congrès, Netanyahou recevra tellement de "standing ovations" que personne en Israël ne notera le froid.

A deux semaines de l'élection, deux points supplémentaires dans les sondages seront plus importants pour Netanyahou que de garantir un soutien bipartite à Israël.
 Obama est à deux ans de sa fin de mandat et, dans cette histoire sans fin, l'heure du remboursement sans frais peut intervenir à n'importe quel moment.


Le silence sioniste

On aurait pu s'attendre à ce que les ondes de choc du brouhaha en provenance du Congrès américain ne place le "Camp sioniste" en mode offensif. Ses chefs, Yitzhak Herzog et Tzipi Livni, ont tous les deux été en contact étroit avec l'administration Obama ces derniers mois et pourtant aucun des deux n'a réagi de manière cinglante au stratagème Likoud-Républicain.
 Un peu plus tôt dans la semaine, lorsque, selon les rumeurs, le Premier ministre a décidé de l'attaque présumée contre les membres opérationnels du Hezbollah en Syrie, ils ont agi de la même manière, refusant de se joindre aux sceptiques qui pointait le timing politique de l'opération.
 u contraire, ils ont soutenu Netanyahou et l'opération. Dans les deux cas, Herzog et Livni, qui veulent être perçus comme une alternative à Netanyahou, ont décidé de s'abstenir de l'attaquer. L'arène diplomatique est la considéré comme le domaine réservé de Netanyahou. Pour le moment, grâce à ses rivaux, il est au contrôle de tout.


Modifications de dernière minute

Pendant ce temps, la date butoir du 29 janvier pour le dépôt des listes s'approche. Les derniers à s'être pris à la mode des listes unies sont les 4 partis arabes qui ont joint leurs forces pour un pacte unitaire historique. En dépit de leurs différences idéologiques, les 4 partis La Liste arabe unie, Taal, Hadash et Balad, ont été forcés d'unir leurs forcesà la suite d ela décision de la Knesset de relever le seuil électoral à 3,25%.
 Ils espèrent maintenant augmenter de manière significative le taux de participation du secteur arabe, d'accroître leur représentativité et de jouer un rôle important dans la formation de coalitions politiques.
Mais le nec plus ultra des succès, pour les parlementaires arabes, serait une victoire sur le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui est responsable de l'augmentation du seuil électoral et qui a fait de son mieux pour marginaliser les politiciens arabes.
 Lieberman - dont le parti Israël Beitenou est éclaboussé par un scandale de corruption et une vague de démissions de ses hauts reponsables, est lui-même aux prises avec le seuil électoral et est pratiquement au bord de la disparition.
Bien que très peu probable, les rumeurs sur une alliance entre le Likoud et le Bayt Hayehoudi ont la vie longue. Selon les sondages, une liste unifiée de la droite pourrait rallier pas moins de 40 sièges sur les 120 que compte la Knesset et écraser Herzog et Livni qui sont actuellement au coude à coude avec le Likoud. Une telle alliance pourrait diluer la force politique des deux partis, mais assurerait à Netanyahou le droit de former le prochain gouvernement. Netanyahou et Naftali Bennett, le président du Bayt Hayehoudi ont moins d'une semaine pour décider.


Par Tal Shalev
Source I24News