lundi 12 janvier 2015

L’Aliyah des Juifs de France est une chance pour l’économie d’Israël


10.000 Juifs de France pourraient s’installer en Israël en 2015. L’enjeu économique de ce boom de l’Aliya est décisif pour Israël. Pays d’immigration, Israël se doit d’accueillir les Juifs de France qui le souhaitent, et cela dans les meilleures conditions possibles. Cette semaine, une commission interministérielle se réunira à Jérusalem pour envisager les mesures à prendre afin d’accueillir les Juifs de France qui choisiront de venir d’installer en Israël...


Certes, Israël a encore en mémoire l’émigration massive des Juifs de l’ex-Urss : 500.000 Juifs étaient arrivés en Israël entre 1990 et 1994 et cette immigration improvisée avait causé de nombreux problèmes d’intégration. En 2015, l’économie israélienne est dynamique, elle s’est développée et modernisée : l’expérience accumulée par Israël en matière d’intégration des immigrants devrait confirmer que l’Aliya est un atout pour son économie. Aujourd’hui, les enjeux économiques et sociaux de l’immigration sont considérables : tour d’horizon.

CROISSANCE


L’économie d’Israël ne peut pas se permettre de « rater » l’intégration des Juifs de France. Si l’intégration à un coût immédiat, à moyen terme c’est surtout un investissement dont les retombées positives seront décisives pour l’économie israélienne.
L’augmentation de la population liée à une forte émigration d’un pays occidental comme la France se traduira par une hausse du PIB israélien ; celui-ci sera tiré vers le haut par de nombreux facteurs favorables, comme l’emploi, la fiscalité, la consommation ou l’innovation. Bref, c’est l’aliya de France qui pourrait insuffler un nouveau dynamisme à l’économie israélienne, à un moment où celle-ci peine à redémarrer.

EMPLOI


Les Juifs de France sont considérés, et à juste titre, comme le nouveau réservoir d’ingénieurs et experts qui manquent en Israël. Le potentiel professionnel que représentent les Juifs de France est important pour l’économie d’Israël ; beaucoup d’entre eux exercent des professions qui font défaut en Israël. Il s’agit notamment des activités liées au domaine médical et scientifique, comme : médecins, dentistes, paramédicaux, ingénieurs et techniciens.
Par ailleurs, la conjoncture en Israël est favorable à une bonne intégration professionnelle ; l’année 2015 démarre en Israël avec chômage au plus bas, puisque le pays compte seulement 5,6% de chômeurs, la plupart étant sans formation ou sans métier.

DIPLÔMES


Il devient urgent pour Israël de faciliter la reconnaissance de certains diplômes et métiers français qui sont encore ignorés des autorités compétentes. La bureaucratie et le zèle excessif de certains fonctionnaires font obstacle à l’obtention d’un permis de travail par certaines professions.

CONSOMMATION


Les Juifs de France sont considérés comme une communauté aisée et aux revenus élevés. Beaucoup apportent avec eux un capital et ils n’hésitent pas à investir. Leur installation en Israël donnerait un coup de fouet à la consommation, dans tous les postes de dépense : produits de base, biens durables, équipements, etc.
C’est en particulier durant les premières années de leur installation, que les immigrants occidentaux sont de grands consommateurs ; ils contribueront donc à relancer les secteurs des services et du commerce d’Israël, tout en accroissant les recettes fiscales de l’État, notamment en TVA.

RETRAITÉS


Pour le retraité français, Israël présente tous les avantages d’une retraite dorée : le montant moyen d’une pension française est généralement supérieur à la retraite israélienne ; elle serait donc suffisante pour vivre confortablement au soleil de Netanya ou d’Ashdod. Pour Israël, l’aliya des retraités fait rentrer des devises dans les caisses de l’État, tout en étant peu coûteuse au pays.

LOGEMENT


C’est aujourd’hui le goulet d’étranglement de l’économie israélienne. Dans les années 1990, Israël avaient logé les émigrants russes dans des caravanes de fortune pour faire face à leur arrivée massive. En 2015, les Israéliens font face à une pénurie de logement à laquelle seront confrontés aussi les nouveaux immigrants.
En revanche, beaucoup de Juifs de France avaient déjà pris leur précaution il y a quelques années, en achetant un logement qui leur sera utile à leur arrivée. Par ailleurs, la majorité des Juifs de France, et contrairement à d’autres origines de l’aliya (comme de Russie ou d’Ethiopie), disposent de moyens financiers suffisants qui devraient leur permettre de se loger convenablement, en location ou à l’achat.

VILLES


L’arrivée de nombreuses familles de France serait une chance pour les villes d’Israël qui réussiraient à les attirer. L’an dernier, la majorité des immigrants de France (60%) se sont installés dans trois villes : Netanya, Tel Aviv et Jérusalem. Depuis quelques mois déjà, les agences immobilières d’Israël ont enregistré une forte demande de la part des Juifs de France : il ne s’agit plus d’un achat d’investissement, mais bien pour y habiter.
Dorénavant, les experts immobiliers en Israël observent un déplacement de la demande des Juifs français vers des localités plus périphériques comme Hedera, Afula ou Ashkelon. Des villes comme Ashdod ou Raanana pourraient aussi bénéficier de l’afflux massif de Juifs de France.
 
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley