mercredi 3 juin 2015

Les juifs turcs dans l'attente d'un passeport espagnol


En 1492, les juifs étaient expulsés d'Espagne et se réfugiaient en Turquie ottomane. À Madrid, le Parlement s'apprête à accorder la nationalité espagnole à leurs descendants. En 1492, le roi Ferdinand et la reine Isabelle de Castille ont beau être surnommés les «rois catholiques», ils ont l’amour universel et le sens de la charité sélectifs...


En témoigne le décret de l’Alhambra signé cette année-là sitôt après la prise de Grenade et la Reconquista achevée.
Publié le 31 mars, le texte stipulait que tous les juifs devaient quitter le territoire des souverains d’ici à la fin du mois de juillet. Si le pouvoir royal répondait de leur sécurité jusqu’à cette date, à partir d’août, tout juif arrêté serait condamné à mort. Une conversion au christianisme était seule à même de les sauver.
Ces dispositions expliquent que l’Espagne du XVe siècle se soit alors vidée de beaucoup de ses ressortissants juifs, ceux-ci trouvant alors asile dans l’Empire ottoman, où l’herbe était plus verte et surtout les autorités plus tolérantes. 
Aujourd’hui, le parlement espagnol songe à faire amende honorable en accordant la nationalité aux descendants de ces juifs expulsés.
L'idée n'est pas tout à fait neuve, puisque le gouvernement Rajoy l'avait exprimée il y a un an. Si la loi est bien adoptée, la classe politique espagnole marcherait dans les pas des Portugais, qui ont pris la même décision en janvier.
Une mesure qui ne laisse pas insensibles les Turcs d’obédience juive, rapporte Haaretz.

Selon le quotidien israélien, ils sont de plus en plus nombreux à songer à quitter le pays, lassés d’un antisémitisme qui irait en augmentant et des sorties déplacées du président Erdoğan et de son parti l’AKP.
Source Slate