mardi 1 septembre 2015

Israël contrarié par le nouveau gisement de gaz égyptien


Les exploitants de gaz israéliens espéraient faire de l'Egypte leur principal débouché. La découverte par le groupe italien ENI du «  plus grand gisement offshore de gaz naturel, en Méditerranée, au large des côtes égyptiennes », pourrait rebattre les cartes du secteur énergétique dans la région...


D'évidence, la nouvelle, tombée dimanche dernier, constitue un coup dur pour l'Etat hébreu qui était à la veille d'adopter définitivement une « feuille de route » sur son secteur gazier. Erigé au rang de puissance énergétique, suite aux trouvailles des champs Tamar (en 2009) et Leviathan (en 2010) par Delek Group et la firme américaine Noble Energy, Israël a mis des années avant de jeter les bases d'un accord entre l'Etat et les industriels censé ouvrir des perspectives d'exportations.
Des perspectives mises à mal par la trouvaille égyptienne, Faite à 1.450 mètres de profondeur, son potentiel est estimé à 850 milliards de mètres cubes, soit 40 % de plus que le principal réservoir israélien Leviathan. Surtout, ce méga-gisement est de nature à ébranler les ambitions des exploitants des champs israéliens qui espéraient faire de l'Egypte leur premier débouché à l'export.
Au cours de l'été 2014, les partenaires de Leviathan avaient signé une lettre d'intention avec British Gas (passé dans le giron de Royal Dutch Shell) pour fournir 105 milliards de mètres cubes à l'usine de liquéfaction de gaz égyptienne de BG sur une durée de quinze ans.
Pour leur part, les exploitants du champ Tamar avaient ratifié en février dernier un accord préliminaire d'une valeur de 15 milliards de dollars, pour exporter un quart de leurs réserves à destination d'une autre usine égyptienne de liquéfaction, contrôlée par l'espagnol Union Fenosa Gas (et dans laquelle ENI possède une participation de 40 %). La menace d'une concurrence égyptienne n'est pas immédiate.
« Il faudra attendre cinq ou six ans avant de savoir si le gisement d'ENI tient ses promesses, pointe le consultant Amit Mor, de la société Eco Energy. Mais il est clair que le régulateur israélien a trop traîné avant de fixer les règles du jeu de l'industrie gazière. Si les décisions ne vont pas plus vite, le secteur risque de perdre d'autres marchés comme la Jordanie et la Turquie. »

Nathalie Hamou

Source Les Echos