mercredi 16 mai 2018

Gaza : affaibli, le Hamas mène la politique du pire, Israël redoute une escalade militaire

 
La Bande de Gaza sera-elle le théâtre d'un nouveau conflit armé entre Tsahal et le Hamas ? C'est la crainte en Israël, au lendemain de  l'escalade meurtrière du lundi 14 mai à la frontière avec l'enclave survenue le jour des soixante-dix ans de l'Etat hébreu, du transfert de l'Ambassade américaine à Jérusalem, et veille de la « Nakba » - la catastrophe associée à la fondation de l'Etat juif, pour les Palestiniens.......Analyse........

Ces heurts, survenus le long de la barrière de sécurité bordant  la Bande de Gaza où s'étaient massés 35.000 manifestants encouragés par le mouvement terroriste islamiste, ont  fait plus de 61 morts et près de 2.000 blessés , côté palestinien, soit le bilan le plus élevé depuis  la dernière guerre de Gaza de l'été 2014 .
Et de nouveaux affrontements étaient attendus ce mardi, point culminant des marches organisées par le Hamas.

Eviter l'infiltration

Comment en est-on arrivé là ? Pour Israël, à qui la communauté internationale, à l'exception notable de Washington, a reproché « un usage disproportionné de la force », l'explication est claire.
« Depuis six semaines, le Hamas a recours à une nouvelle stratégie. Sous couvert de marches pacifistes, il utilise la population de Gaza pour nous attaquer, et n'hésite pas à envoyer, moyennant finances, des femmes et des enfants en première ligne pour franchir la barrière de sécurité », a fustigé Eyal Rosen, un colonel de réserve de l'armée israélienne.
« On ne dispose pas de beaucoup d'options. »
« Lorsqu'une foule mêlant de manière indifférenciée des combattants et des civils se rue par milliers en direction de la clôture de sécurité, en dépit des avertissements donnés en amont, on ne dispose pas de beaucoup d'options », a poursuivi ce haut gradé, rappelant que Tsahal ne tirait à balles réelles qu'en dernier recours.
L'armée redoutait le scénario catastrophe d'une infiltration massive dans les villages israéliens en bordure de la Bande de Gaza, pouvant déboucher sur des kidnappings de soldats ou des meurtres de civils.

L'échelon militaire a d'ailleurs estimé qu'au moins 24 des Palestiniens tués lundi étaient des membres d'escouades du Hamas.

Le Hamas lutte contre son affaiblissement

Le mouvement islamiste possède de nombreuses raisons de mener cette politique du pire.
Premièrement, le Hamas est affaibli tactiquement depuis qu'Israël a déployé son système de défense Dôme de fer contre les tirs de roquettes effectués depuis Gaza.
L'Etat hébreu s'est aussi employé à détruire les tunnels d'attaques construits par le Hamas pour infiltrer des terroristes, et à édifier un mur souterrain, doublé dune barrière de six mètres de haut. Un chantier qui doit être achevé d'ici dix-huit mois.
Deuxièmement, le Hamas compte de moins en moins d'alliés sur le plan régional, se reposant pour l'essentiel sur la Turquie et le Qatar, un Etat dont l'isolement est allé croissant dans le monde arabe.
Enfin, le groupe islamiste n'est pas parvenu à se réconcilier avec le Fatah, comme le souhaitait l'Egypte, l'autre pays à avoir instauré, depuis 2011 (quatre ans après Israël), un blocus sur la Bande de Gaza.

Crise économique

Les tensions se sont même exacerbées avec le mouvement de Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne installé à Ramallah, qui  n'a pas hésité à sabrer les salaires des fonctionnaires de l'enclave , pour accroître la pression sur le Hamas, notamment depuis la récente tentative d'attentat sur le convoi du Premier ministre, Rami Hamdallah, en visite à Gaza...
Enfin, le Hamas dont le nouveau leader Yahya Sinouar expliquait voilà peu que « Gaza est comme un tigre affamé qui a passé onze ans en cage », n'est pas non plus parvenu à desserrer l'étau des restrictions économiques pesant sur la population.
Or la crise financière voire humanitaire de l'enclave ne cesse de s'amplifier, selon le dernier rapport de la Banque mondiale.
« La population gazaouie souffre d'un taux de chômage massif, de la pauvreté de ses infrastructures, et des mesures de circulation restreinte. »
Une situation dont l'échelon militaire israélien s'est également fait l'écho. « La population gazaouie souffre d'un taux de chômage massif, de la pauvreté de ses infrastructures, et des mesures de circulation restreinte [NDLR : imposées par Israël et l'Egypte pour des raisons sécuritaires]. Elle connaît des pénuries d'eau et d'électricité.
Mais ces souffrances résultent de la corruption du Hamas et du détournement des approvisionnements [...] et Israël fait en sorte pour qu'ils ne manquent pas de denrées de base », confiait lundi le général de l'armée Yossi Kuperwasser, pour lequel les dernières émeutes survenues à la frontière « ne résultent pas, comme on veut bien le présenter, d'une détresse économique créée par Israël ».

Autocritiques israéliennes ?

D'autres responsables militaires ont toutefois fait valoir qu'Israël devrait aller plus loin.
En novembre, Yoav Mordechai, le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT), a ainsi appelé de ses voeux la mise en place d'un plan d'aide économique associant la communauté internationale, pour soulager l'enclave et « empêcher la prochaine guerre ».
Mais les dirigeants israéliens, mobilisés ces derniers mois par le front irano-syrien « n'ont pas pris de décision stratégique à propos de la Bande de Gaza », comme le pointait mardi l'expert militaire Tal Lev-Ram. Ce qui soulève un vrai problème.
« Ni Israël, ni le Hamas ne sont intéressés par un nouveau conflit, a ajouté l'expert. Reste que, pour Israël, Gaza représente le risque de conflit militaire le plus important ».

Source Les Echos
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